EPIPHANIE
- Eric Smeraldy
- 7 janv.
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Dernière mise à jour : 8 janv.
Le 6 janvier, l'Eglise fête la solennité de l'Epiphanie. Cette solennité commémore la visite des Mages à Bethléem et leur adoration face à l'enfant Jésus rapportées dans l'évangile de Matthieu (Mt 2, 1-12). Les Mages venaient d'Orient et étaient en fait des prêtres de Perse, plus précisément de la religion zoroastrienne fondée par Zarathoustra. Ces prêtres étaient des astrologues (cf. Mt 2, 2) et savaient interpréter les songes (cf. Mt 2, 12). Mais comme le terme mages risquait de prêter à confusion puisque les mots "magique", "magicien" et "magie" en sont dérivés, la Tradition en a fait des rois, en s'appuyant sur le psaume 71:
"Les rois de Tarsis et des îles apporteront des présents,
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande".
Depuis, on parle des Rois-Mages.
Ni leurs noms ni leur nombre ne sont rapportés dans l'évangile, mais comme ils ont apporté trois cadeaux, l'or, l'encens et la myrrhe, on en a déduit qu'ils étaient trois et on leur a donné les noms de Gaspard (1), Melchior (2) et Balthasar (3).
Quant au mot épiphanie, il vient du grec epi-pháneia (via le latin epiphanía) et signifie "apparition, manifestation". Dans le contexte chrétien, il veut dire que par son Incarnation, Dieu s'est manifesté dans la "chair" (cf. 1 Tm 3, 16 et Jn 1, 14), c'est-à-dire dans un Homme. C'est ce qui dit le début de l'oraison des laudes du mardi après l'Epiphanie: "Dieu éternel, c'est dans la réalité de notre chair que ton Fils unique est apparu...".
Le mot épiphanie s'applique jusqu'à quatre épisodes de la vie de Jésus. Dans un premier temps, il s'applique à Noël même, où l'Homme-Dieu se manifeste aux bergers, puis au Baptême du Christ, célébré le dimanche après l'Epiphanie (premier dimanche du temps ordinaire) et aux Noces de Cana, dont l'évangile est lu le dimanche après le Baptême du Christ (deuxième dimanche du temps ordinaire, Année C). Finalement, il s'applique aux Rois-Mages qui sont les premiers non juifs et donc païens, gens issus des nations, à voir la manifestation de Dieu dans un Enfant.
Cela dit, en liturgie, nous rencontrons un problème de dates. Car après la vénération et le départ des Mages, l'évangile de Matthieu rapporte que Joseph, Marie et Jésus doivent fuir en Egypte pour échapper au massacre ordonné par Hérode (Mt 2, 13-23). Or, si nous suivons la liturige, nous retrouvons la Sainte Famille à Jérusalem le 2 février en train de présenter l'Enfant Jésus au Temple. Comment résoudre ce problème de chronologie?
Les révélations privées de Maria Valtorta apportent une solution somme toute élégante. Elles postulent que Marie serait restée habiter quelque temps à Bethléem après la naissance de Jésus et que les Rois-Mages n'auraient pas adoré Jésus Nouveau-Né dans la crèche, mais à l'âge d'un an environ. Voici le texte en question: https://valtorta.fr/naissance-et-vie-cachee-de-jesus/adoration-des-mages.html
(1) Probablement de l'hébreux Gizbar "trésorier", lui-même du persan Ganza-bara "maître (bara) du trésor (ganza), trésorier".
(2) De lh'ébreux Melki-or "roi de la lumière"
(3) Du babylonien Bel-sharru-utsur "Dieu (Baal) protège (utsur) le roi (sharru)"
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