LES HERESIES CHRISTOLOGIQUES DES PREMIERS SIECLES ET LES SEPT PREMIERS CONCILES OECUMENIQUES
- Eric Smeraldy
- 27 févr.
- 4 min de lecture
Synthèse des hérésies christologiques présentées dans les numéros 464 à 476 du Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC)
1. Docétisme
- Auteurs : gnostiques
- Siècle : premier
- Hérésie : Ils nient l’humanité du Christ. Elle ne serait qu’apparente, d’où le nom de docétisme (en grec « dokéo » veut dire apparaître).
- Réaction : Nouveau Testament : Dans son évangile et ses épîtres, Saint Jean insiste sur la réalité de l’Incarnation du Christ et donc sa vraie humanité (en plus de sa divinité)
- CEC : 465
2. Adoptianisme
- Auteur : Paul de Samosate (200-273)
- Hérésie : En prétendant que le Christ, de son vivant, aurait été adopté par Dieu comme Fils de Dieu, Paul de Samosate nie sa divinité.
- Vérité : Le Christ est Fils de Dieu par nature et donc de toute éternité et pas par adoption.
- Réaction de l’Eglise : Concile (local) d’Antioche en 341
- CEC : 465
3. Apollinarisme
- Auteur : Apollinaire de Laodicée (310-390)
- Hérésie : Apollinaire prétendait que dans le Christ, la Personne du Verbe avait remplacé son âme. Cela signifiait que le Christ n’avait qu’un corps humain, mais pas d’âme humaine, et que donc son humanité était incomplète.
- Vérité : Le Christ a un corps et une âme humaine parce qu’il est entièrement homme.
- CEC : 471
4. Arianisme
- Auteur : Arius, prêtre d’Alexandrie (250-336)
- Attention : A ne pas confondre avec l’aryanisme ou l’idéologie aryenne d’Hitler qui considérait la race aryenne supérieure aux autres races. Ironie de l’histoire, Hitler pensait que les Aryens désignaient la race germanique alors que les Aryens désignent en réalité le groupe ethnique et linguistique indo-iranien et signifient les « nobles » en sanskrit. Le nom « Iran » lui-même est dérivé du nom « Aryens », c’est donc le pays des « nobles ».
- Hérésie : Arius niait la divinité du Christ (en voulant préserver le monothéisme parce qu’il ne concevait pas qu’il puisse y avoir deux personnes dans un seul Dieu).
- Vérité : Au niveau de sa nature, le Fils, Jésus-Christ, est consubstantiel au Père (en grec « homo-ousios »), autrement dit de la même substance divine (unique !) que le Père, mais une Personne différente : la deuxième de la Sainte Trinité (le Père en étant la première).
- Réaction de l’Eglise: Concile de Nicée en 325 (premier concile œcuménique)
- Champion de Nicée : Saint Athanase d’Alexandrie
5. « Pneumato-machie »
- Auteurs : Pneumato-maques = « Ceux qui combattent l’Esprit (Saint) »
- Siècle Quatrième
- Hérésie : Après le Concile de Nicée, les pneumato-maques acceptaient la divinité du Christ, mais ils niaient celle de l’Esprit-Saint (comme Arius avait nié la divinité du Christ).
- Vérité : L’Esprit-Saint est également Dieu, il est la Troisième Personne de la Saint Trinité.
- Réaction de l’Eglise : Concile de Constantinople en 381 (deuxième concile œcuménique)
- Champion de Constantinople : Saint Basile de Césarée (en Cappadoce, Asie Mineure)
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- 6. Nestorianisme
- Auteur : Nestorius, patriarche de Constantinople (386-451)
- Hérésie : S’il reconnaît les deux natures – divine et humaine – du Christ, il ne conçoit pas que la Personne divine et éternelle du Verbe puisse souffrir et mourir. Il prétend qu’il existerait une autre personne, celle du Christ purement homme, qui aurait été conçue par Marie et qui, seule, aurait souffert. Pour lui, il y a donc deux personnes dans le Christ au lieu d’une. En plus, il prétend qu’on ne peut pas appeler Marie « Mère de Dieu » (en grec « Theotókos »).
- Vérité : C’est bien la Personne divine et éternelle du Verbe qui s’est fait chair et a assumé notre humanité, précisément pour pouvoir souffrir et mourir et ainsi nous sauver. Cette Personne (en grec « hypostase ») du Verbe unit en elle-même les deux natures, divine et humaine. C’est ce qu’on appelle l’ « union hypostatique », que Nestorius n’a pas acceptée.
- Du coup, on peut bien appeler Marie « Mère de Dieu » (comme nous le faisons dans chaque Je vous salue Marie) parce qu’elle a donné son humanité au Verbe (incarné) qui est Dieu. Le Fils de Marie était bel et bien Dieu en même temps qu’homme.
- Réaction de l’Eglise : Concile d’Ephèse en 431 (troisième concile œcuménique)
- Champion d’Ephèse : Saint Cyrille d’Alexandrie
- CEC : 466
7. Monophysisme
- Auteur : Eutychès, prêtre de Constantinople (378-456)
- Hérésie : Les monophysites nient l’humanité du Christ en prétendant que la nature humaine du Christ aurait cessé d’exister lorsque que le Verbe s’est incarné. Il ne subsisterait donc que sa seule (en grec « mónos ») nature (en grec « phýsis ») divine. Autrement dit, la nature divine du Verbe aurait complètement absorbé la nature humaine du Christ en l’assumant dans l’Incarnation.
- Vérité : Les deux natures, divine et humaine, sont restées intactes et n’ont pas été altérées par leur union hypostatique dans la Personne du Verbe.
- Réaction de l’Eglise : Concile de Chalcédoine en 451 (quatrième concile œcuménique)
- Champion de Chalcédoine : Le pape Léon le Grand
- CEC : 467
8. Monoénergisme et monothélisme
- Hérésie créée artificiellement comme un compromis pour essayer de récupérer les monophysites
- Concile de Constantinople II en 553 (cinquième concile œcuménique)
- Cf. CEC : 253, 258
9. Monothélisme
- Auteurs : Serge, patriarche de Constantinople (565-638) et autres
- Hérésie : Le Christ ne posséderait qu’une seule (en grec « mónos ») volonté (en grec « thélema »), la volonté divine.
- Vérité : Etant pleinement Dieu et pleinement homme, le Christ a bien deux volontés, une divine et une humaine (même si cette dernière ne s’oppose jamais à sa volonté divine).
- Réaction de l’Eglise : Concile de Constantinople III en 681 (sixième concile œcuménique)
- CEC : 475
10. Iconoclasme
- Hérésie : On ne peut pas représenter Dieu ni le Christ sur des images, ce serait de l’idolâtrie (cf. Ex 20, 4 : « Tu ne feras aucune image sculptée… »). Du coup, il faut détruire ces images : c’est la signification du mot iconoclasme (en grec « eikónos » = image, « klasmós » = destruction).
- Vérité : Depuis l’Incarnation et donc le fait que le Verbe a pris notre humanité visible et sensible, on peut représenter le Christ sur des images saintes.
- Réaction de l’Eglise : Concile de Nicée II en 787 (septième concile œcuménique)
- CEC : 476
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